Le centre du pays, qui était longtemps une zone de paix et de cohésion relative entre toutes les communautés qui y vivent (Peul, Dogon, Bozo, Bwa, Bamana, Dafi, etc.) est devenue un charnier de nos jours. On y enregistre chaque jour des morts. La vie est devenue très difficile au centre du pays depuis des années. Il ne se passe pas de jours sans qu’il n’y ait pas de morts d’hommes. Le quotidien de la population se résume d’attaque en attaque. Peulh, Dogon, toutes les deux ethnies sont victimes de ces conflits intercommunautaires. On observe un manque de capacité et peut être même la mauvaise volonté de l’Etat à mettre fin aux carnages malgré les constats de la présidence et le gouvernement sur le terrain. Comme à l’accoutumée, on peine à constater des actions concrètes. On peut se poser la question s’ils s’intéressent aux actions concrètes?

On se retrouve aux affrontements ethniques. Les communautés qui vivent dans cette zone sont dans la terreur totale. Des populations innocentes sont toujours en danger de mort, elles travaillent peu, dorment peu. Peuls et Dogons tous sont victimes. L’amalgame domine toutes les deux communautés, chose qui pourrait être évités si l’Etat avait joué son rôle. Toutes les attaques contre les Peuls sont attribuées d’office aux chasseurs Dogons et toutes les attaques contre les Dogons sont attribuées aux Peuls. Alors qu’on est tous unanimes que tous les djihadistes ne sont pas Peul, et tous les chasseurs ne sont pas Dogon. Il est à noter que tous les djihadistes ne sont pas Peul et tous ceux qui parlent la langue peule ne sont pas forcément de l’ethnie peul [1]. De même, tous ceux qui portent la tenue des chasseurs n’appartiennent pas forcément à cette confrérie, et tous les chasseurs ne sont pas Dogon. Les bandits armés peuvent utiliser la langue peule pour enfoncer les populations dans la confusion, comme ils peuvent en faire avec la tenue des chasseurs traditionnels. Pratique qui a été remarqué lors de l’attaque d’Ogossagou, ou des personnes parlaient même anglais, avions-nous appris.

Reconnaissons tous que l’Etat Malien a failli à sa mission de sécurisation des personnes et de leurs biens. Le pire dans tout ça, est l’absence de l’armée malienne dans beaucoup de zones, les villages et les hameaux sont sécurisés par leurs habitants à la place de l’Etat. Beaucoup d’habitants reprochent à nos FAMas de ne pas intervenir vite dans les attaques même s’ils sont alertés à temps. Est-ce vrai ? On peut le confirmer, avec l’attaque d’Ogossagou, Dioura, Yoro, Gangafani, Sobane da, ou les FAMas ont pris beaucoup de retard avant de venir sur les lieux. C’est ce que bon nombre de citoyens leur reprochent. En remarque les armes sont détenues par n’importe qui et n’importe comment.

Pour la population, la détérioration du climat, la multiplication des attaques peuvent être évités si l’Etat était présent.

De Koulogo, en passant par Ogossagou, Sabanda, Gangafani, Yoro et récemment Ouenkoro sans oublier les autres cas de drame, on a l’impression qu’il n’y a pas de voie bien définie pour sortir de la crise. Souvent elles reprochent même aux autorités d’aggraver la situation. Comme le disait un habitant du centre « Le Premier ministre (Souleylou Boubeye Maiga) parle trop, mais ne pose aucun acte de sortie de crise. Et à chaque fois qu’il se rend au centre visite, le nombre des attaques augmentent avec plusieurs pertes en vie humaine ».

En septembre 2018, un accord de cesser de feu avait été signe à Mopti et recensement entre TOLOBA et BOLLY. Mais aujourd’hui on se pose la question à quoi a servi cet accord de cessez-le-feu signé ? Malheureusement rien, des carnages, des greniers et villages incendiés, des centaines de têtes de bétails volés, ça continue toujours.

De carnage en carnage on ne cesse de s’interroger sur le fond du problème entre Peul et Dogon. Qu’en est-il du fond du problème entre Peuls et Dogons ? cet exercice fera l’objet d’un blog suivant.

[1] Beaucoup de Dogons parlent peul et même parlent la langue peule entre eux pour se faire comprendre à cause de nombreuses dialectes Dogons